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mercredi 24 décembre 2014

J-1: Conte de Noël

Par Emilie, du blog Cavali'Erre

Pour patienter en ce dernier jour avant Noël, voici un petit conte de Noël équestre.


Rêveur, le poney qui voulait croire au Père Noël


Rêveur était un petit poney comme les autres. Enfin presque. C’est que, voyez-vous, Rêveur était né dans la nuit de Noël. Et la première chose que vit le petit poulain en ouvrant les yeux cette nuit-là, ce fut un vieux monsieur à la longue barbe blanche dans un grand manteau rouge. Le gentil monsieur lui fit un clin d’œil, avant de déposer une énorme ration de foin dans le râtelier des chevaux endormis, et de disparaître comme il était venu.

Ému et impressionné par cette rencontre, le petit poulain devait en garder le souvenir toute sa vie.  Il raconta dès le lendemain matin à qui voulait l’entendre qu’un monsieur extraordinaire était venu déposer leur ration supplémentaire avant de disparaître dans le ciel. Oui, mais voilà, les grands chevaux ne voulurent pas croire l’histoire de ce jeune poulain qui venait de naître, et attribuèrent son récit à son imagination débridée. Même sa mère, pourtant si douce, lui répondit que les hommes ne peuvent pas visiter une écurie sans réveiller les chevaux au sommeil léger et disparaître sans laisser de traces. Pourtant, notre petit poulain savait bien, lui, qu’il n’avait pas imaginé le vieil homme chaleureux. Et nuit après nuit, il attendait avec espoir son retour, mais le vieil homme ne revint jamais. Sa mère, qui voyait son petit rêver jour après jour et croire toujours en son histoire, décida de l’appeler Rêveur.

Les années passèrent, et le jeune Rêveur devint un beau poney, à la robe aussi noire que la nuit qui l’avait vu naître, avec le bout du nez tout blanc, comme la neige qui recouvrait le monde cette nuit-là. Il découvrit le bonheur de galoper dans l’herbe verte des prés, la bonne odeur du foin nourrissant et la chaleur de l’écurie pendant la nuit. Il ne devait pourtant jamais cesser de raconter l’histoire de sa rencontre la nuit de sa naissance, tant et si bien que les autres poulains en vinrent à se lasser. Ils finirent même par l’appeler menteur, car il parlait d’un homme qu’aucun autre cheval n’avait jamais vu, et qui ne pouvait donc pas exister. Notre pauvre Rêveur fut bien triste, car il savait, lui, que son histoire était vraie, même si personne ne voulait le croire. Et il se retrouva bien seul, car les autres jeunes poneys ne voulaient pas jouer avec celui qu’ils considéraient comme un menteur.

C’est alors que Rêveur fit une nouvelle rencontre qui devait changer sa vie: elle s’appelait Lola, et c’était une petite fille de huit ans, blonde comme les blés et aux yeux du brun de l’automne où elle était née. Lola devint très vite son amie, sa confidente. Il apprit à la porter sur son dos, et alla avec elle galoper et découvrir de nouveaux chemins. Et il était très heureux avec Lola, il s’amusait comme un fou, se mit à sauter des obstacles de plus en plus hauts pour entendre résonner le rire de la petite fille.

Ils devinrent très vite les meilleurs amis du monde, et on pouvait les apercevoir ensemble à toute heure de la journée. Mais quelque part tout au fond de lui, Rêveur n’oubliait pas son rêve et le vieil homme extraordinaire tout vêtu de rouge. C’est ainsi qu’un jour, alors qu’ils étaient tous deux couchés dans la paille, Lola lui parla du Père Noël. Il apprit alors que cet homme à la barbe blanche et aux yeux malicieux, bien au chaud dans un long manteau rouge, vient une nuit par an apporter aux enfants du monde le cadeau dont ils rêvent le plus. Rêveur fut alors fou de joie, car il comprit que le vieil homme qu’il avait rencontré le jour de sa naissance était le Père Noël. Et Lola aussi croyait en son existence! Enfin, il n’était plus seul!

Fort de cette nouvelle découverte, il alla expliquer aux autres chevaux que l’homme qu’il avait vu était le Père Noël et que celui-ci apportait des cadeaux aux enfants sages. Mais les chevaux  ne voulurent pas croire à son histoire. Pauvre poney! Tout le monde se moquait de lui, alors qu’il ne racontait que la vérité. Tout triste et fâché de ne pas être écouté, il décida de le leur prouver. Alors, sans prévenir, une nuit d’automne, il partit sur les chemins à la recherche du Père Noël. Lola lui avait appris que le Père Noël vivait dans le pays le plus froid du monde. Il prit donc la route vers le Nord, seul et malheureux, mais convaincu qu’il pourrait retrouver son plus vieil ami.

Il se dirigea vers le froid, choisissant toujours son chemin pour aller vers les températures les plus basses. Il marcha longtemps, longtemps, des jours et des jours, et traversa des forêts, des rivières, et des montagnes. Il croisa bien d’autres chevaux, mais quand il leur demandait s’ils savaient où trouver le Père Noël, tous lui répondaient que celui-ci n’était un rêve des enfants des hommes, et que personne ne l’avait jamais vu. Notre valeureux petit poney pourtant ne se découragea pas. Il continua son chemin vers les régions de moins en moins habitées, car il est bien connu que le Père Noël se cache des hommes pour préserver son mystère. Bientôt, l’hiver vint, le froid se fit plus fort, et Rêveur sentit ses poils pousser pour lui faire un manteau qui le gardait bien au chaud.

Il arriva un jour en un pays que les hommes appellent la Laponie, un pays où les hommes parlent un autre langage, mais les animaux eux savent se comprendre, peu importe d’où ils viennent. Là, la neige tombait chaque jour, et le sol était recouvert d’une telle épaisseur de celle-ci que Rêveur devait lever haut les pieds pour continuer à avancer. Chaque pas était difficile, et il devait affronter le vent qui lui soufflait sur le nez et tentait lui aussi de convaincre de renoncer. Mais Rêveur était convaincu d’être sur le bon chemin, car il avait entendu les rennes, ces drôles d’animaux aux longs bois qui peuplaient ce pays, murmurer dans le secret de la nuit que le Vieil Homme Aux Cadeaux habitait un peu plus loin encore, là où il fait si froid.

Il continua encore et encore, mais il avait beau chercher, il n’arrivait pas à trouver le Père Noël. C’est que la vie est difficile pour un petit poney solitaire perdu dans les contrées froides du grand Nord. Pourtant, il gardait son espoir de retrouver un jour le Père Noël. Ce soir-là, il s’endormit en rêvant au vieil Homme, mais aussi en pensant à sa chère amie Lola, qu’il avait du laisser pour aller trouver le Père Noël. Il était bien triste de l’avoir quittée.

De son côté, un matin, la pauvre Lola avait trouvé l’écurie vide, car Rêveur avait disparu. Il était parti, déjà bien loin, et nulle part elle ne put le retrouver. Elle chercha partout, dans la paille et les chemins, dans tous leurs endroits préférés, mais le petit poney n’était plus là. Lola pleura longtemps, car son meilleur ami avait disparu, et elle était bien triste. C’est ainsi qu’elle confia un jour son dernier espoir à une lettre. Elle ne demanda cette année-là qu’une seule chose au Père Noël, car les enfants savent bien que le Père Noël sait toujours où trouver les cadeaux dont ils rêvent vraiment. Et dans sa lettre, elle lui demanda de revoir son ami poney, le petit Rêveur qui avait disparu un matin.

Et le lendemain matin, Rêveur se réveilla au son de clochettes. Il les entendait tintinnabuler, et crut être encore en train de rêver. Car en ouvrant les yeux, il vit celui qu’il cherchait depuis tellement longtemps, celui qu’il avait vu le premier jour de sa vie. Rêveur venait de retrouver le Père Noël! Ou plutôt, le Père Noël venait de retrouver Rêveur, car le vieil homme avait entendu les rêves d’un petit poney courageux et de la petite fille qui était son amie.

C'est ainsi que Rêveur vit son rêve exaucé. Il découvrit les secrets du Père Noël, comment celui-ci fabrique les cadeaux avec l'aide de ses lutins et même où il vit. Mais il a promis de garder le secret pour laisser l'imagination des enfants tenter de deviner comment il fait, alors vous n'en saurez pas plus.

Et la nuit de Noël, Rêveur put aider le Père Noël en tirant son traîneau. Il fit le tour du monde pour apporter leurs cadeaux à tous les enfants, les petits et les grands, ceux à qui il manque une dent devant et ceux avec un grand sourire, les enfants sages et les enfants un peu moins sages, et même à tous les gentils poneys du monde. Rêveur était heureux, il était enfin reconnu, et il aurait voulu rester pour toujours aider le vieux monsieur à la barbe blanche dans sa tournée. Il voyageait dans le ciel de la nuit, et put presque toucher les étoiles. Alors il souhaita que cette nuit dure toujours.

Mais ce que Rêveur ignorait, c'est qu'il était attendu. Il y avait quelqu'un qui avait besoin de Rêveur encore plus que le Père Noël. Alors qu'ils s'approchaient d'une nouvelle maison couverte de neige, le petit poney reconnu soudain un chemin, et puis un autre, là la paille dans laquelle il avait joué si souvent, et ici l'écurie où il avait grandi. Soudain, les souvenirs de son enfance étaient de nouveau là, et il se souvint à quel point Lola lui manquait. Quand le Père Noël lui montra la lettre qu'il avait reçue de la petite fille qui vivait là, Rêveur sut que l'esprit de Noël, c'est aussi offrir aux autres le cadeau dont ils rêvent le plus. Il avait reçu le plus beau des cadeaux en rencontrant le Père Noël, alors il choisit d'offrir à son tour un cadeau à une petite fille.

C'est ainsi que le lendemain matin en s’éveillant, Lola trouva un drôle de cadeau au pied du sapin. Un beau petit Rêveur tout noir entouré d'un joli ruban blanc. C'était le plus beau cadeau de Noël qu'elle ait jamais reçu, et son sourire alors brilla encore plus fort que le soleil.

Depuis ce jour, on croise rarement Lola sans Rêveur, et Rêveur sans Lola. Et si les autres poneys ne veulent pas croire l'histoire de Rêveur, lui sait bien que le Père Noël veille sur lui, quelque part dans un pays de froid et de neige. Tous les ans, il regarde le ciel de la nuit de Noël, et voit passer son vieil ami devant les étoiles.

Et Lola et Rêveur sont heureux, car ils savent que quand on croit très fort en ses rêves, ils peuvent un jour se réaliser.


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Merci à toutes les blogueuses qui ont contribué à cette belle aventure du calendrier de l'Avent équestre 2014, j'ai adoré vous lire chaque jour!

Joyeux Noël à tous


Emilie


mercredi 10 décembre 2014

J-15 : Père Noel, licornes, Saint Nicolas, Père Fouettard et compagnie...

Cette histoire vous est proposée par Alexia du blog Perspectives cavalières.



Saviez-vous, il y a bien longtemps de cela, qu'une fois le traîneau du Père Noel fut tiré non pas par des rennes mais par des chevaux ?
Je vais vous raconter cette histoire...


En Laponie, où habite le Père Noel, la vie est dure l'hiver pour moi et mes compagnons. Nous sommes un petit troupeau d'une quinzaine de chevaux qui vivons à l'année dans cette région.
 Au printemps et à l'été, quand les températures sont relativement douces et clémentes, nous arrivons à trouver suffisament d'eau et de nourriture pour survivre. Vu notre petite taille, nos sabots durs et notre poil épais, nous n'avons pas besoin d'ingérer de grandes quantités d'herbe : nous sommes très frugaux ! Comme le dit la chanson : "Il en faut peu pour être heureux ..."

Mais quand l'hiver vient... Quand l'hiver vient, nous sommes accueillis pas le Père Noel. A côté de sa grande maison, où il prépare chaque année les cadeaux qu'il va distribuer, il y a une grange dans laquelle nous passons toute la mauvaise saison. Il est absolument hors de question pour lui de nous laisser dehors mourir de froid et de faim, alors tous les ans, il nous offre l'hospitalité.

Vous vous doutez bien que, surtout en plein mois de décembre, le Père Noel n'a guère de temps à nous consacrer. Ce sont donc plusieurs membres de sa petite armée de lutins qui s'occupent de nous pendant cette période : ils nous apportent du foin, de l'eau, changent notre litière, nous brossent etc.

En échange, nous allons tous les jours, montés et bâtés par les créatures malicieuses, chercher pour lui à la poste du village le plus proche les lettres contenant la liste de tous les jouets voulus par les enfants. Et ils sont nombreux à lui écrire !

Vous vous demandez peut-être pourquoi ce ne sont pas les rennes qui étaient chargés de ce travail : eh bien, ils ne voulaient tout simplement pas ! Et puis, vous savez, ils sont assez snobs et hautains: puisque c'est à eux que revient l'honneur de tirer le traîneau du Père Noel, et qu'en plus contrairement à nous ils sont capables de voler,  c'est donc aux  petits poneys qu'il revient de faire le sale travail, et gnagnagna...





Chaque année, le 6 décembre, on fête la Saint Nicolas : patron des écoliers, il distribue tous les ans à la même date, dans la nuit, des friandises, oranges, manalas, pains d'épices et autres cadeaux aux enfants sages... Et bien souvent, son âne l'accompagne !


Vous ne le savez peut-être pas, mais le Saint Nicolas est le meilleur ami du Père Noel : d'ailleurs, il se ressemblent beaucoup ! Ils ont la même longue barbe blanche, les gants, la tunique rouge... Et, le plus important, tous deux aiment faire plaisir aux enfants.

Mais malheureusement, le Saint Nicolas ne vient pas seul avec son âne voir les écoliers... Le redoutable Père Fouettard est toujours à ses côtés !



Personnage méchant, sombre et sinistre, recouvert de fourrures et repoussant, il est chargé de punir les enfants désobéissants et ceux qui ne font pas leurs prières avec son martinet ou son fouet. Comme le Père Noel, il peut même avoir une grande hotte, dans laquelle il capture les vilains garnements !


Le Père Fouettard détestait depuis toujours le Père Noel et le Saint Nicolas... Un jour, jaloux du grand nombre d'enfants qui les aimaient, et du peu qui au contraire avait peur de lui, il prépara donc une mauvaise surprise aux deux amis.

Il subtilisa la crosse du Saint Nicolas pendant son sommeil : celle-ci était enchantée et possédait des pouvoirs magiques. Le Père Fouettard formula alors le souhait que plus aucun renne de Laponie et du Pôle Nord ne soit capable de voler... Ainsi, le Père Noel allait être bien embêté pour distribuer des cadeaux !
Une fois son méfait accomplit, le Père Fouettard reposa à sa place, ni vu ni connu, la crosse aux côtés du vieillard endormi...



Le 24 décembre, à quelques heures du grand départ, les rennes furent rassemblés devant le traîneau que les lutins étaient en train de charger de cadeaux. Une fois cette tâche terminée, le Père Noel, qui avait entre-temps consulté la météo (ce n'était pas le tout de se faire piéger pas une tempête et d'avoir un accident le soir critique !), arriva, vérifia que rien ne manquait et monta dans le traîneau.

- Allez Rudolph, en avant !

Le chef des rennes s'élança, suivit de ses six équipiers. Ils prirent de la vitesse, et leurs nez se mirent à clignoter en rouge, signal qu'ils allaient pouvoir s'envoler...

Sauf qu'après plusieurs centaines de mètres, ils n'arrivaient toujours pas à décoller ! Pourtant, leurs nez étaient bien devenus écarlates, il n'y avait pas de raison que cela ne marche pas !

Pourquoi d'un seul coup les rennes étaient-ils devenus incapables de voler ?

Catastrophé, le Père Noel fit demi-tour vers sa maison.

Quand les lutins le virent revenir, la panique générale s'installa ! Tout le monde criait, gesticulait et courait en tous sens, inquiet de ne pas pouvoir livrer les cadeaux tant attendus ! 
Les rennes commencèrent à se disputer entre eux, se rejetant mutuellement la faute de savoir qui était le responsable de cette situation.

Le Père Noel, qui était resté silencieux et immobile jusqu'à présent, s'écria alors :

- Du calme mes amis ! Du calme ! Je vais appeler la licorne et demander son aide !

Les licornes se cachent  dans des forêts profondes et inhabitées, à l'abri du regard des hommes  qui sont connus pour avoir essayé maintes fois de les capturer afin de leur voler leurs cornes magiques...

Rennes, lutins et Père Noel se rendirent donc à l'orée du bois située à quelques mètres derrière la maison et la grange. Le vieil homme appela la licorne :

- Qilin ! Qilin !

Ses sabots frôlant à peine la poudreuse, et sa robe d'albâtre soyeuse se fondant dans le paysage blanc, Qilin fit alors son apparition entre les troncs de sapins. Les licornes répondaient toujours à l'appel d'une personne au coeur pur en détresse.

Restant à une distance respectueuse de l'animal, le Père Noel lui expliqua rapidement sa situation.

- Malheureusement, je ne peux pas aider tes rennes à voler à nouveau, lui répondit la licorne une fois qu'il eut fini de parler. Ils sont victimes d'un enchantement lancé par un être tellement mauvais que je ne peux briser...

Le coeur du Père Noel se serra à ses mots. Qilin avait été son dernier espoir  !

- Cependant, je crois savoir que tu héberges des chevaux en ce moment dans ta grange, reprit après un moment la licorne. Je pourrai sans doute, en les touchant avec ma corne, les rendre capable de voler.

En un rien de temps, plus de la moitié des lutins avaient investi la grange où je me reposais en compagnie de mes congénères. Ils nous guidèrent dehors, braillant sans arrêt "Vite ! Vite !", "Dépêchez-vous, la licorne vous attend !", "On a besoin de vous pour aller distribuer les cadeaux !". Je ne comprenais pas grand-chose à ce qu'ils racontaient.

Nous arrivâmes ensemble au petit trot à l'entrée d'un bois, où une créature absolument sublime nous attendaient.

C'était la première fois de ma vie que je contemplais une licorne ! Mon Dieu, qu'elle était belle ! Sa fine encolure, sa robe de porcelaine, ses yeux noirs en amande, ses crins si brillants...

J'en suis instantanément tombé amoureux !

Après nous avoir expliqué l'urgence de la situation, le Père Noel nous demanda si sept d'entre nous étaient prêts à l'aider et à tenter l'expérience.

 Et comment !

La licorne s'approcha alors de moi et de mes six camarades, et nous effleura les uns après les autres avec sa corne d'ivoire.
Des ailes apparurent de chaque côté de notre dos.

- Wouah ! m'exclamais-je, ravi. Maintenant, vous allez tous pouvoir m'appeler Pégase et non plus Aldo !

- Ne fais pas trop ton malin, me répliqua gentiment Qilin. Le sort que je vous ai lancé ne dure que vingt-quatre heures. Après ce délai, vous redeviendrez...comme avant.

Le Père Noel la remercia mille fois, et tous se dirigèrent ensuite prestement vers le traîneau. Ils avaient assez pris de retard comme ça !

Je m'attardais quelques secondes sur les lieux. La licorne s'apprêtait à faire demi-tour, quand je lançait :

- Attends, Qilin ! Dis-moi... Est-ce qu'un jour je te reverrai ?

Elle me fixa un instant, et le temps suspendit son cours. Elle chuchota alors :

- Tu sais Aldo, après la mort, les chevaux les plus nobles et les plus courageux se réincarnent en d'étranges créatures... Qui sait...

Trois foulées plus tard, elle avait disparue.



J'ai donc tiré une fois le traîneau du Père Noel, et survolé le monde de très haut, le découvrant comme je ne l'avais jamais vu... Il est si vaste !
Partis très tard, l'aube allait presque se lever quand nous avons finit la dernière maison... Il était moins une !

Je sais que par la suite, le Père Noel raconta sa mésaventure à son meilleur ami.... Le Saint Nicolas eut une idée assez précise sur l'identité du coupable après avoir regardé les derniers sorts lancés par sa crosse...
Je ne pourrai vous dire ce qui est arrivé au Père Fouettard après... Toujours est-il qu'il ne recommenca jamais ses manigances.

Quand à savoir si j'ai un jour revu Qilin...

Ceci est une autre histoire.





Vous n'aurez pas manqué les quelques "clins d'oeil" dispersés au cours du récit faisant référence à de nombreux autres films, livres et légendes...
"L'hiver vient" ( Winter is coming), la fameuse devise de la maison Stark de Game of Thrones (je suis une grande fan de la série et des bouquins).
Un petit tour vers le livre de la Jungle avec "Il en faut peu pour être heureux", ainsi que Cendrillon ( sauf que là, ce n'est pas le carosse qui redeviendra citrouille aux 12 coups de minuit...).
Le Saint Nicolas et le Père Fouettard sont des personnages très connus dans l'est de la France, ainsi qu'en Allemagne, Belgique, Suisse, Luxembourg et Pologne... Faites un petit tour sur wikipédia si vous souhaitez en apprendre plus sur ces personnages (et sur les manalas ^^ !). En Alsace, le Père Fouettard est également connu sous le nom de " Hans Trapp".
Les classiques licornes et lutins...
Rudolph le renne au nez rouge...Avait un p'tit nez brillant !...Si jamais vous le voyez....
Et un peu Harry Potter, sauf qu'ici, ce ne sont pas les anciens sortilèges d'une baguette magique qui sont "régurgités", mais ceux d'une crosse...

Bref, un joyeux méli-mélo ...
Gaelle avait laissé un commentaire à propos de ma nouvelle précédente, disant que "l'histoire aurait pu être vraie"... Pour celle-ci, j'ai donc décidé d'insérer un peu plus de magie...

Ma participation au calendrier de l'avent équestre 2014 touche à sa fin... Je vous souhaite donc à tous et à toutes un Joyeux Noel, et plein de bonheur avec vos chevaux pour 2015.... Et les 100 ans à venir =) !







mardi 2 décembre 2014

J-23 Il était une fois... Noel au centre équestre

Cette histoire vous est proposée par Alexia du blog Perspectives cavalières.



J'ai toujours adoré l'hiver, le froid, la neige.

 Il faut dire que je suis une belle franche-montagne pure souche de dix ans ! Dans mon pays d'origine, la Suisse, on ne manque pas d'endroits où les hivers sont rigoureux. La neige, le verglas, je connais bien ça contrairement à mon voisin lusitanien. C'est un mec, mais vraiment une p'tite nature. Dès que la température approche des 10°C, Monsieur a froid, il lui faut sa petite laine sinon il attrape un rhume. Les gens du sud, j'vous jure !

Tous les ans, fin décembre dans mon club, j'assiste à chaque fois à des évènements bizarres : les cavaliers n'ont plus que les mots "Joyeux Noel", "Bonnes fêtes" et "Bonne année, bonne santé" à la bouche ( pourquoi est-ce qu'à moi on ne m'a jamais souhaité un joyeux noel ?), certains ne viennent plus nous voir parce qu'ils sont au ski (il faut croire qu'on est moins intéressants que des bâtons et des planches de bois) et d'autres portent sur la tête (voire même la bombe !) de ridicules bonnêts rouges de Père Noel qui font de la lumière et du bruit (sois-dit en passant, beaucoup de gens parlent d'un fameux "Père Noel", mais moi je ne l'ai jamais vu. Vous savez où est-ce qu'il se cache ?).

Le pire, c'est qu'une année, une de mes cavalières à eu l'idée de me mettre  ce  genre de coiffe sur ma tête à moi ! Vous rendez-vous compte ? ! Il existe des "bonnêts de noel spécial cheval" où, quand on les mets, nous pauvres montures de club nous retrouvons avec des pompons et des bois sur la caboche ! Excusez-moi, mais nous n'avons rien à voir avec les rennes du sois-disant Père noel ! Nous sommes beaucoup plus beaux, plus forts et plus rapides qu'eux (bon, par contre, on ne sait pas voler avec un traîneau derrière nous, j'avoue) ! Franchement, faire cela, c'est nous rabaisser à une condition animale inférieure.
Pour me venger, j'avais réussi à chipper dans le dos de ma cavalière ses gants  qu'elle avait laissés posés négligement sur le bord de ma mangeoire... Je ne vous raconte pas la tête qu'elle a fait quand elle a vu l'état dans lequel je les avaient mis ! Après, elle n'a plus voulu me monter en reprise...

Oh, et puis il faut aussi que je vous parle du nombre de gens qui passent devant nos boxes avec des chocolats et des gâteaux ! Ça sent tellement bon toutes ces douceurs, et eux ils en mangent juste sous nos naseaux sans jamais nous en proposer un morceau ! Quelle injustice ! On ne sort jamais du trio pomme-pain-carottes... A un moment, on en a marre d'avoir toujours les mêmes friandises ! J'ai eu beau  taper très fort dans ma porte, leur faire les yeux doux et étendre au maximum mon encolure pour qu'ils fassent attention à moi... Chou blanc ! "C'est pas bon pour toi", "Ça risque de te rendre malade, on ne peut pas te donner n'importe quoi à manger Very Nice tu sais bien"...
Eh bien non, Very Nice (oups, pardon c'est mon nom, j'ai zappé les présentations au début ), elle ne veux rien savoir !



Mardi soir, deux jours avant Noel, reprise d'obstacle avec Jean-Pierre. Ce n'est pas la première fois que le sexagénaire me monte,  et je suis contente de l'avoir : il est toujours souriant et gentil avec moi ! Il m'appelle sans arrêt "ma belle", "princesse", "ma douce"... Que de mots attentionnés ! En voilà un qui sait parler aux juments...

Une fois au manège, détente classique, nous passons quelques barres au sol pour s'échauffer, aux premiers galops je lève deux-trois fois le cul pour montrer que je suis heureuse de sortir et pleine d'énergie (en plus, ça réchauffe et met de l'ambiance avec les autres !). Jean-Pierre a l'habitude, il me laisse longuement galoper pour jeter mon feu.

Puis les choses sérieuses commencent : aujourd'hui, Margaux la monitrice a prévu de travailler sur une ligne : saut de puce, une foulée, oxer, deux foulées et vertical pour finir. Parmi les cavaliers, certains ont râlé en sous-entendant que, à deux jours de Noel, on aurait plutôt pu faire des jeux à la place... Mais Margaux est intransigeante et ne veut rien entendre : avec elle, les cours c'est fait pour bosser, point barre ! Pas de laisser-aller. Et j'avoue que je suis d'accord :  j'adore sauter !

Progressivement, la ligne se met en place au cours de la séance : Margaux monte d'abord le saut de puce, puis l'oxer pour enfin finir avec le vertical. Malgré son manque de souplesse, Jean-Pierre est plutôt bon cavalier et nous enchainons les passages sans  problèmes majeurs. Le papy en met plein la vue aux jeunettes ! (Vous l'aurez compris, Jean-Pierre, c'est un peu le cavalier-mascotte que tout le monde adore au club !).

 Fin de séance, c'est la dernière fois que nous abordons la ligne : à la réception du saut de puce, cette fois-ci mon cavalier est en retard et se prend un joli taxi sur l'oxer (heureusement pour mon dos qu'il est léger !)...  Margaux crie " Relâche tes mains pour le vertical, sinon elle va partir de loin !", mais Jean-Pierre ne réagit pas assez vite... En arrière, les mains figées sur les rênes,  je suis tendue comme un ressort devant le vertical et fait un très GROS saut...

Petite pause anatomique : en bonne franche-montagne qui se respecte, je suis bien pourvue de l'arrière-main ( traduction pour ceux qui n'aurait pas compris : j'ai un fessier du feu de Dieu !). La croupe, les postérieurs et le dos ne manquent pas de muscles. Je suis bien bâtie !

Je décolle donc (préparez-vous à l'atterissage) dans les airs (finalement, comme les rennes du Père Noel je crois que je sais voler) et sens soudainement mon cavalier s'envoler lui aussi (il m'avait caché qu'il en était capable), pour le voir finalement du coin de l'oeil s'aplatir comme une crêpe dans la sciure (pour ma part, réception sous contrôle, tout est en ordre merci de vous être inquiétés).

Un pied coincé dans mes rênes, je m'arrête et attends sagement qu'il se relève et vienne me chercher (c'est ce que font tous mes cavaliers qui tombent).

Sauf que là, Jean-Pierre reste immobile. Il ne bouge pas d'un poil, et un drôle de son (gémissement ?) sort de sa bouche.

J'ai compris que la situation était plus grave que d'habitude.

En moins de deux, Margaux est à ses côtés pour voir comment il va. Après quelques instants, elle sort son portable pour appeler les secours et ordonne aux cavaliers de tous mettre pied à terre et rentrer les chevaux à l'écurie.

Une jeune fille qui observait la reprise vient me chercher au beau milieu du manège, et me reconduit également dans mon box. En train de me desseller (entre-temps, les pompiers sont arrivés au centre équestre, sirènes hurlantes et sont en train d'évacuer le blessé) elle croise alors une amie et s'empresse de lui raconter ce qui s'est passé :

- Anne, tu aurais vu le saut monstrueux qu'elle a fait à ce moment-là ! Même un moniteur aurait eu du mal à rester dessus ! Jean-Pierre n'avait aucune chance.
- Nan, c'est pas vrai ! En voyant le camion des pompiers, je me demandais ce qui c'était arrivé ici... Eh ben ! En plus, c'est vraiment pas de bol que ça soit tombé sur Jean-Pierre.
- Tu sais, à deux jours de Noel ça n'aurait été cool pour personne.
- Oui, mais il est bénévole pour une association qui s'occupe d'enfants handicapés. Cette année, il était censé faire le Père Noel et leur apporter des cadeaux ...
- Mince ! J'espère qu'ils trouveront quelqu'un pour le remplacer, parce que je ne pense pas qu'il sera en état de jouer son rôle ... Tout ça à cause de cette chipie ! conclue-t-elle en me désignant de la main.

Après le départ des deux amis, j'étais complètement attérée, horrifiée par ce que j'avais fait.

Jean-Pierre était donc le Père Noel ! Pourquoi ne me l'avait-on pas dit ? Et je l'ai empêché d'aller distribuer les cadeaux ! Comment les enfants allaient-ils faire pour les recevoir ?

Déprimée, je boudais mon foin et touchais à peine à ma ration du soir, ruminant mes sombres pensées. Damien, le palefrenier du club, s'inquiéta en me voyant refuser ma nourriture et resta un moment à m'observer, craignant que je ne sois en coliques.

Si j'avais su que je portais le Père Noel sur mon dos, j'aurais fait beaucoup plus attention...

Plus tard,  j'entendis Margaux répondre à Damien qui voulait savoir comment allait Jean-Pierre que celui-ci avait finalement une épaule luxée.

- Il en a pour deux bons mois avant de pouvoir remonter, dit Margaux.  Au fait, Damien, tu ne saurais pas  si Very Nice est dressée à l'attelage ?
- Hum, je crois que oui. Si je me souviens bien, l'éleveur suisse chez qui elle est née débourre tous ses chevaux à la discipline avant de les proposer à la vente, il l'avait dit en l'ammenant ici. Pourquoi ?
- J'ai une idée pour demain, répondit évasivement la monitrice.


Le 24 décembre, la nuit était tombée depuis peu en fin d'après-midi quand débarquèrent alors aux écuries Margaux, Damien plus deux autres habitués du club les bras chargés de matériel. Tous s'arrêtèrent devant mon box.

- Regardez-moi la tête qu'elle fait, rigola Damien. Elle se demande ce qu'il lui arrive la pauvre !

Effectivement, je me demandais à quelle sauce j'allais être mangée...

Ils me sortirent de mon box,  et l'équipe de choc me pansa minutieusement : démêlant pour les crins, shampouinage des balzanes, graissage des pieds, ils nattèrent même ma crinière et ma queue avec des rubans rouges. A la fin, la lumière des écuries se reflétait dans ma jolie robe baie cerise...

Je ne partais pas en concours tout de même ?

Puis Damien et Margaux me passèrent ensuite une bricole autour de l'encolure, et là je compris que j'allais être attelée ! Ça faisait longtemps ! Ils finirent de me garnir, puis je fus conduite dans la cour où m'attendait la voiture. Et quelle voiture ! Elle était somptueuse, décorée de guirlandes et de houx.

Une fois attelée, une petite camionnette arrriva sur le parking du centre équestre, et quelle ne fut pas ma surprise en voyant... le Père Noel en descendre, aidé d'une dame (il y a aussi une Mère Noel ? Je ne savais pas !). Barbe blanche, costume rouge, bottes, petites lunettes demi-lune, bonnet et surtout hotte...tout y était !

Sauf qu'il avait un bras en écharpe.

Lorqu'il s'adressa aux autres, je reconnus sa voix.  C'était Jean-Pierre ! Margaux, Damien et les deux autres cavaliers l'aidèrent à remplir sa hotte avec les cadeaux laissés à l'arrière de la camionette, puis à la placer dans la voiture. Jean-Pierre s'approcha de moi :

- Alors ma belle, contente de me voir ? Ah la la , quelles misères m'as-tu faites hier... Mais non,  ne t'inquiète pas, c'était de ma faute ma grande ! Allez, prête à jouer au renne du Père Noel ce soir ? Ça te tente ?

J'ai touché son visage avec le bout tout doux et soyeux de mes naseaux pour lui dire que j'étais d'accord. Respirant mon souffle chaud, Jean-Pierre a déposé un bisous sur mon nez et a déclaré :

- C'est bon, je crois que la miss est partante. En route, il ne faudrait pas que le Père Noel soit en retard ! Ce serait un comble !

Sa femme, me jettant un regard peu aimable (drôle de Mère Noel tout de même),  lui fit promettre d'être prudent.

Margaux se dirigea alors vers moi... Et déposa cet horrible bonnet de noel pour chevaux dont je vous ai parlé sur mes oreilles !

- Il faut bien que ton déguisement soit complet, Very Nice. Tu sais bien que le Père Noel ne voyage pas avec un cheval ! Avec ces bois sur la tête, tu passeras pour un renne... On s'y tromperait presque !

Heureusement, Margaux  sortit un autre (tout aussi horrible !) bonnet rouge de sa poche et le mis sur sa tête. Je me sentais moins seule ! Jean-Pierre prit  place dans la voiture à côté de la monitrice qui saisit les guides, et prononça, grand sourire lui mangeant les lèvres,  ces mots qu'elle rêvait de dire depuis toujours :

- En avant ! Fouette cocher !

Les grelots de ma bricole tintant joyeusement à chaque foulée, je me mis en route vers le centre pour enfants handicapés situés à deux kilomètres de là...



J'étais heureuse, j'avais enfin trouvé le Père Noel !  Je sais désormais qu'il existe pour de vrai...